Le groupe suisse Argor-Heraeus, spécialisé dans la raffinerie de l’or et des métaux préciux, a rejeté une revendication de édommagement de Human rights watch (HRW) en faveur de populations rurales, en Ethiopie.
Elles seraient victimes de pollution causée par l’exploitation d’une mine d’or impliquant la société helvétique.
Dans un rapport en date du 26 avril dernier, l’ONG américaine HWR a réclamé des «réparations effectives nécessaires» pour des habitants de Lega Dembi, dans la province de l’Oromia, au sud du pays. Car, elles ont subi « des dommages » causés par l’exploitation d’une mine situé non loin de leurs habitations, par l’entreprise éthiopienne, Midroc Investment Group et la raffinerie suisse Argor-Heraeus. Les deux sociétés n’avaient pris «aucune mesure » de protection des populations. Argor-Heraeus était approvisionnée en minerai par Midroc de 2007 à 2018.
Selon l’ONG, une étude réalisée à la demande du gouvernement éthiopien a permis d’établir qu’elles ont subi de « graves préjudices » sanitaires à cause de l’exploitation minière de leurs lieux d’habitation, situés près de la mine, à proximité de la ville de Shakiso. Elles se plaignent, depuis plusieurs années, de nombreux problèmes de santé et de malformation, en particulier chez les nouveau-nés.
PROCEDURES INTERNES
Des tests environnementaux effectués en 2018 par l’Université d’Addis Abeba ont révélé « des niveaux élevés » d’arsenic dans les échantillons d’eau prélevés en aval de la mine. En outre, de hauts niveaux de nickel, de chrome et d’arsenic dans les échantillons de sol ont été constatés à l’extérieur de la mine.
En 2018, une étude d’évaluation du gouvernement, menée par l’Institut éthiopien de santé publique, a confirmé que les riverains de la mine avaient subi de « graves préjudices» en matière de santé.
Dans sa réponse à la revendication de HRW, Argor-Heraeus s’est déclaré « choqué » par les différents rapports cités par l’ONG, précisant avoir « immédiatement cessé de travailler avec Midroc », dès qu’il a été informé de la situation décrite par les différentes études sur l’impact environnemental de l’’exploitation de la mine incriinée.
« Même après avoir cessé d’accepter les matières premières de Midroc, nous avons continué à chercher des éclaircissements en coopération avec la Division des achats des Nations Unies (UNPD) et l’Union africaine », a poursuivi le groupe suisse. Il a ajouté : « malheureusement, la situation politique en Ethiopie depuis lors a été très difficile, et une enquête indépendante n’a donc pas été possible pour des raisons de sécurité ».
Il a profité de cette affaire pour revoir à nouveau ses procédures internes de diligence, et reste toujours à un échange avec toutes les ONG pour « un dialogue constructif ».
IC