ONU : La communauté internationale appelée à intensifier ses efforts pour les réfugiés et les migrants

Des réfugiés et des migrants d’Afrique subsaharienne dans un centre de détention à Tripoli (Libye). Photo: HCR.

Le Haut-Commissariat des Nations -Unies pour les réfugiés (HCR) et le Centre de recherche sur les migrations mixtes (MMC) du Conseil danois pour les réfugiés ont exhorté la communauté internationale à intensifier ses efforts pour renforcer la protection des réfugiés et des migrants, en mouvement sur les côtés de la Méditerranée

« Des milliers de réfugiés et de migrants périssent, tandis que beaucoup d’entre eux endurent d’extrêmes violations des droits humains au cours de leurs voyages clandestins entre l’Afrique de l’Ouest et de l’Est et les côtes africaines de la Méditerranée », ont-ils déploré dans un rapport conjoint.

Il a été publié mercredi 29 juillet à Genève, siège du HCR, sous le titre : «Personne ne se soucie de ta vie ou de ta mort en route».

Dans les conclusions, les deux organisations ont préconisé des solutions de « rechange crédibles et légales » aux voyages périlleux et désespérés des réfugiés et des migrants à travers la mer. Ils ont appelé les Etats à renforcer leur coopération pour identifier et traduire en justice, « les criminels », responsables des atroces abus, en différents points des itinéraires que suivent les migrants. Ils ont également plaidé pour un partage des informations « essentielles » avec les organes de répression compétents, ainsi pour le démantèlement des réseaux de passeurs et de trafiquants, et le gel de leurs avoirs financiers.

Pour le HCR et MMC, les autorités nationales doivent prendre des mesures « fermes » pour enquêter sur les signalements d’abus perpétrés par leurs fonctionnaires. Ces mesures doivent aller de pair avec les efforts engagés pour lutter contre les causes profondes de ces déplacements, doublées d’un engagement « sans faille » afin qu’aucune des personnes secourues en mer ne soit renvoyée vers d’autres dangers en Libye.

PROSTITUTION FORCEE

De nombreuses personnes ont signalé avoir été contraintes à la prostitution ou à d’autres formes d’exploitation sexuelle par des passeurs. Entre janvier 2017 et décembre 2019, le HCR a enregistré plus de 630 cas de traite de réfugiés dans l’est du Soudan, dont près de 200 femmes et jeunes filles qui disent avoir survécu à des violences sexuelles et sexistes.

Il est extrêmement difficile de recueillir des données exactes sur les pertes en vies humaines dans le contexte des flux migratoires mixtes contrôlés par des passeurs et des trafiquants d’êtres humains. Car, beaucoup de ces décès surviennent dans des circonstances inconnues, loin des autorités et des systèmes officiels de gestion des données et des statistiques.

Le rapport qui est majoritairement fondé sur les données recueillies par les enquêteurs du programme 4Mi du MMC et sur des informations d’autres sources, ajoute que 1’750 personnes au moins auraient perdu la vie durant les périples en 2018 et 2019, soit un minimum de 72 décès par mois. Ce qui fait de cette route migratoire l’une des plus mortelles au monde pour les réfugiés et les migrants. Ces pertes en vies humaines viennent s’ajouter aux milliers d’autres personnes qui ont péri ou disparu au cours des dernières années, lors de traversées désespérées de la Méditerranée pour rejoindre l’Europe depuis les côtes d’Afrique du Nord.

IC