Les six Chefs de Missions des Nations-Unies en Afrique de l’ouest, au Sahel, en Libye, et en Rébulique Centrafricaine, ont exprimé, mardi 12 septembre 2023, leurs préoccupations face à l’évolution de la situation politique et sécuritaire dans les régions du Sahel, de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale.
Réunis à Dakar (Sénégal) pour leur 38e réunion semestrielle, ils se sont particulièrement inquiétés des multiples changements anticonstitutionnels de gouvernement dans plusieurs pays. Depuis 2020 des coups d’Etat ont eu lieu successivement au Mali, en Guinée, au Burkina Faso, au Niger, et au Gabon, tous des pays francophones confrontés à des degrés divers, à la lutte contre les groupes radicaux musulmans qui a fragilisé les précédents régimes civils.
Ils ont souligné la nécessité de « rétablir rapidement l’ordre constitutionnel », conformément aux instruments normatifs africains pertinents et aux déclarations des Nations unies.
Reconnaissant « les spécificités » de chaque contexte local, les diplomates onusiens ont mis l’accent sur la nécessité de redoubler d’efforts pour favoriser la bonne gouvernance et la transparence, afin de promouvoir une stabilité durable. A ce sujet, ils se sont engagés à renforcer le partenariat entre les Nations-Unies et les Organisations régionales et sous-régionales africaines dans le domaine de la gouvernance, sur la base de leurs avantages comparatifs respectifs. Il s’agit de l’Union africaine, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale.
SEPARATION DES POUVOIRS
Pour les Représentants du Secrétaire général de l’ONU, le rôle des partis politiques, de la société civile et des organisations communautaires dans la promotion et l’exercice de la bonne gouvernance est « essentiel ». C’est pourquoi, ils ont reconnu la responsabilité des Nations-Unies d’apporter leur soutien. Ils ont également exprimé la nécessité de tirer parti des possibilités offertes par la région, en augmentant les investissements, en vue de la transformation indispensable des économies et de la réalisation des aspirations des populations.
Les chefs de mission de l’ONU ont convenu que, dans les situations complexes, les principales préoccupations devaient porter à la fois sur l’aide humanitaire et sur l’aide au développement, car cette dernière est directement affectée à long terme si elle n’est pas prise en charge, ce qui entraîne une récurrence et constitue une cause fondamentale d’instabilité.
Ils ont insisté sur l’importance de la séparation des pouvoirs et des mécanismes d’équilibre des pouvoirs, y compris pendant les processus de révision constitutionnelle et les périodes de transition.
PARTICIPANTS
Réitérant l’importance de l’approche « nexus » pour la paix et la sécurité, l’humanitaire et le développement, ils ont appelé à des sociétés plus inclusives et à un système économique et financier mondial plus équitable qui favorise les pays en développement et la réalisation des ODD, ainsi que la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
La rencontre de Dakar a eu lieu sous la présidence du Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), M. Leonardo Santos Simao, qui avait accueilli auparavant, ses collègues. Il s’agit :
– du Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), M. El-Ghassim Wane
– du Représentant spécial du Secrétaire général auprès de l’Union africaine et Chef du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU), M. Parfait Onanga-Anyanga
– du Coordinateur spécial pour le développement du Sahel, M. Abdoulaye Mar Dieye
– du Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique centrale et Chef du Bureau des Nations-Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), M. Abdou Abarry
-du Représentant spécial du Secrétaire général pour la mission d’appui des Nations-Unies en Libye (UNSMIL), M. Abdoulaye Bathily
-de la Représentante spéciale- adjointe du Secrétaire général de Nations-Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mme Giovanie Biha.
Ibc