Droits des femmes : Plus de 22’000 femmes en Suisse concernées par la mutilation génitale

Droits de la femme en Suisse. Photo: bcu Lausanne: bcu-lausanne.ch

Quelque 22’400 filles et femmes vivants en Suisse ont subi ou risquent de subir une mutilation génitale, a déploré le Conseil fédéral (Gouvernement), lors d’une session, mercredi 25 novembre, coïncidant avec la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Aux termes de la loi suisse de 2012, la mutilation d’organes génitaux féminins est passible d’une peine d’emprisonnement de dix ans au plus ou d’une peine pécuniaire, au moins, de 180 jours-amende. Peuvent être sanctionnés non seulement les exciseuses et les exciseurs, mais aussi les parents ou les proches qui font exciser une fille. De plus, quiconque a pratiqué ou fait pratiquer l’excision à l’étranger est également punissable. Cette poursuite pénale est un signal clair et un élément important de la lutte contre les mutilations génitales féminines.

« Bien que mutiler les organes génitaux d’une fille ou d’une femme constitue une infraction en Suisse, un seul jugement a été prononcé à ce jour » sur cette affaire, a rappelé le Conseil fédéral, dans une déclaration publiée à cette occasion.

INFRACTIONS GRAVES

Pour faire face à la poursuite de la pratique, il a adopté un rapport officiel, qui prévoit plusieurs mesures visant à mieux protéger les filles et les femmes. En plus  de la poursuite pénale, il met l’accent sur la prévention intensive et une collaboration plus étroite entre tous les acteurs concernés. Car, selon le rapport, il est apparu ces dernières années, que le droit pénal ne peut pas à lui seul, provoquer de changement de mentalité ou ébranler des convictions et des systèmes de valeurs profondément enracinés. Il faut privilégier une approche multiple et diversifiée pour combattre durablement ces graves lésions corporelles, qui ont de lourdes conséquences psychiques, a préconisé le document.

Le rapport a aussi montré que ces infractions graves (mutilations génitales) sont commises au sein de la famille ou de l’entourage social et que les victimes sont pour la plupart des enfants, parfois très jeunes. La poursuite pénale est rendue difficile par le fait que la mutilation génitale féminine est ancrée dans diverses cultures et que les personnes touchées sont très attachées à leur famille.

GT