Mali : La communauté internationale sous le choc après le 4e coup d’état dans le pays en 60 ans

Le Président déchu du Mali, M. Ibrahim Boubacar Keita

La communauté internationale était toujours sous le choc, mercredi 19 août, à la suite d’un nouveau coup d’état militaire au Mali,  qui a renversé le régime du président Ibrahim Boubacar Keita, en place depuis 7 ans.

Le Mali, 1,2 million de Km2, soit 30 fois plus grand que la Suisse (41’285 km2) est un pays de concentration de la DDC (Direction du développement et de la coopération), l’agence d’aide au développement de la Suisse. Sa population, estimée en 2019 à 20,4 millions d’habitants, soit deux fois plus que les 8,57 millions de suisses, est l’un des plus pauvres du monde. En 2019, le taux d’extrême pauvreté était de 42,7 %.

Pays instable, le Mali en est à son 4e coup d’état militaire depuis son indépendance, en septembre 1960. Les trois derniers ont eu lieu successivement en novembre 1968, en mars 1991, et en avril 2012.

Parmi les auteurs du coup d’état du mardi 19 août, figure le Général Fanta Mady Dembélé, ancien Directeur général de l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye (EMPABB), de décembre 2018 à septembre 2019. La Suisse est l’un des partenaires clés de cet établissement, depuis son ouverture en 1999. Dans le cadre de ce partenariat, la Suisse a envoyé l’année dernière, un instructeur militaire à l‘EMPABB. L’envoi d’un second était prévu. L’armée suisse  avait entrepris une « phase pilote » de coopération avec le Mali.

VAGUE DE CONDAMNATIONS

Selon la presse malienne, avant son bref passage à la tête de l’EMPABB, le Général Dembélé était en fonction à l’Union africaine (UA), en tant qu’Officier chargé de la gestion des conflits et de la planification stratégique, au département paix et sécurité de l’organisation continentale, basée à Addis Abéba, en Ethiopie. Lors de cette mission, il a été coordonnateur de l’entraînement et la formation de la force africaine en attente.

Il a aussi été un élément central dans la planification stratégique et opérationnel, de plusieurs opérations et d’initiatives de paix de l’UA en Afrique.

Au nom de la communauté internationale, le secrétaire général de l’ONU, M. Antonio Guterres, a condamné « fermement » le coup de force de l’armée malienne, et appelé « au rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel et de l’état de droit » dans le pays. Il a aussi exigé « la libération immédiate et sans condition du Président Ibrahim Boubacar Keïta et des membres de son cabinet ».

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décrété un embargo et l’isolement sur le Mali. L’UA également a condamné « le changement inconstitutionnel de gouvernement au Mali». Elle a réclamé, en outre, la libération « immédiate » du président Keita et de son gouvernement.

IC