L’Assemblée nationale du Sénégal a voté mercredi 2 avril 2025, une proposition de loi controversée portant interprétation d’une loi d’amnistie du 13 mars 2024, des crimes et délits commis entre février 2021 et février 2024.
Durant cette période, le pays a été secoué par de violentes manifestions qui ont fait au moins 80, selon l’opposition d’alors, aujourd’hui au pouvoir. Ces violences ont aussi fait un nombre indéterminé de blessés, ainsi que la destruction, le pillage ou l’incendie de biens publics et privés.
Pour les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF), au pouvoir et majoritaire à l’Assemblée national, qui ont déposé la proposition de loi, elle vise à « clarifier le champ d’application de la loi d’amnistie » de 2024. Elle exclue notamment «toutes les infractions criminelles ou correctionnelles». Celles-ci seront désormais considérées comme des cas de « tortures, d’actes de barbarie, de meurtre, d’assassinat, de disparition forcée de personnes et d’utilisation de nervis armés » dont les auteurs pourront être poursuivis, a indiqué la formation politique, citée par l’Agence de presse sénégalaise (APS).
Les partis politiques de l’opposition avaient appelé au retrait de la proposition de loi, estimant qu’elle chercherait à protéger les militants du PASTEF et à poursuivre les Forces de d l’ordre. Une coalition de 20 Organisations de la société civile, proposait son report pour permettre une concertation nationale pour son vote.
Le PASTEF compte 130 ((54,97%) sur 165 sièges au Parlement, et la proposition de loi a été votée par 126 de ses députés.
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