Paix et sécurité : La Suisse s’inquiète de la «dégradation» de la sécurité en Afrique

L’Ambassadeur Simon Geissbühler, à l'ouverture du "Grand Rendez-vous" de Dakar.

L’Ambassadeur Simon Geissbühler, Secrétaire d’Etat adjoint, Chef de la Division paix et droits de l’homme au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a exprimé, mardi 28 février à Dakar, au Sénégal, l’inquiètude suisse face à la « dégradation sécuritaire et des soubresauts » politiques en Afrique de l’ouest et en Afrique centrale .

Il intervenant à l’ouverture du « Grand Rendez-vous pour la prévention de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest et centrale : réalités et perspectives », une conférence internationale de trois jours (28 février au 2 mars), sur la Prévention de l’extrémisme violent (PEV). Elle est organisée conjointement par le DFAE, le Bureau des Nations-Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), et le Centre des hautes études de défense et de sécurité (CHEDS) du Sénégal. Elle réunit plus d’une centaine de hauts représentants de gouvernements et d’institutions publiques, ainsi que des élus nationaux et locaux, des représentants des Forces de défense et de sécurité (FDS), de la société civile, des femmes, des jeunes, des délégués de communautés, des chefs traditionnels et religieux, des chercheurs d’Afrique, et représentants d’organisations régionales et internationales.

Selon un document de présentation de la conférence, la violence en Afrique de l’Ouest, au Sahel et en Afrique centrale n’a pas diminué depuis que le Secrétaire général des Nations-Unies a lancé, en décembre 2015, le Plan d’action mondial pour la PEV. « Non seulement le niveau de violence n’a pas décru, mais le phénomène de l’extrémisme violent a connu une expansion géographique vers les Etats côtiers ouest-africains (Bénin et Togo), dans le Bassin du Lac Tchad (Tchad, Cameroun, Niger, et  Nigeria) et en Afrique centrale », a souligné le texte.

DIALOGUE

Pour M. Geissbühler, « (…) les peurs et les horreurs suscités par le terrorisme et l’extrémisme violent partout dans le monde, sont si présents dans l’actualité, que les Etats d’Afrique de l’ouest et de l’Afrique centrale s’inquiètent de la crise sécuritaire et cherchent des réponses face à la violence ».  Dans ce contexte, la Suisse défend l’approche du dialogue qui permet d’atteindre l’objectif de paix. C’est pour cela qu’elle a lancé, en 2016, un programme de prévention de la violence, aspect longtemps négligé au profit de « politiques réactives » comme réponse aux violences.

Selon lui, même si la Suisse « condamne toute forme de violence armée », elle reconnait à tout Etat, le devoir de protéger ses citoyens, de punir les crimes et de demander des comptes à ceux qui les commettent. Cela n’exclut pas le dialogue, y compris avec les groupes armés dont les « extrémistes violents » pour « résoudre des différends ».

MANDAT

Il a également reconnu que le dialogue offre « la capacité d’aborder ensemble, les problèmes, de chercher ensemble les solutions où chacun trouve sa place dans le respect de celle de l’autre ne s’impose pas de lui-même. Il faut de la patience, et beaucoup d’investissement pour y parvenir.  Il faut aussi que toutes les parties aient cette volonté de s’engager dans le dialogue.

« La Suisse continuera de travailler avec le Forces de défense et de sécurité qui sont au cœur des réponses et durables à apporter à l’aspiration des peuples à la sécurité », a poursuivi le diplomate suisse. Il a réaffirmé l’engagement de son pays, à faire de l’agenda de la paix, l’une de ses priorités pendant les deux années de son mandat au Conseil de sécurité (1er janvier 2023-31 décembre 2024).

HI