Argent sale : « Risque élevé » de blanchiment de capitaux dans près de 62% des pays d’Afrique, selon un rapport

Blanchiment d'argent. Image: Interpol.

Près de 62% des pays d’Afrique au Sud du Sahara présentent « un risque élevé » de blanchiment et de financement du terrorisme, et les dispositifs de lutte sont restés « pratiquement inchangés » par rapport à 2021, a indiqué l’Institut de Bâle.

Basé en Suisse, l’Institut de Bâle est un centre de compétences international indépendant qui travaille dans le monde entier pour renforcer la gouvernance, et lutter contre la corruption, ainsi que d’autres délits financiers. Il a publié mardi 4 octobre, son 11e rapport annuel de l’indice Basel AML 2022. Cet indice est un classement indépendant qui évalue les risques de Blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme (BC/FT)  des pays, et leur capacité à les contrer. Il s’appuie sur  18 indicateurs  dans cinq domaines mesurant différents facteurs qui contribuent à des risques élevés de BC/FT.

Selon le rapport, le nombre de pays de la région d’Afrique Sub-Saharienne couvert, a considérablement augmenté, passant de 18  en 2021, à 26 pays cette année. Ce qui fait qu’il y a de nouvelles données des rapports d’évaluation mutuelle du GAFI (Groupe d’action financière), qui examine notamment les techniques de BC/FT, ainsi que les mesures permettant de lutter contre ces phénomènes.

Dans les pays d’Afrique Sub-Saharienne, le risque global varie 5.03 et 8.30  sur une moyenne de 5,03 à 7,78.

QUATRE DOMAINES

En Afrique du Nord, le score moyen global de la région est passé de 5,08 l’année dernière à 4,93 cette année. Ces progrès sont dus principalement, à la qualité du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que la transparence et les normes financières. Dans le même temps, les scores de risque ont augmenté en ce qui concerne la corruption et les pots-de-vin, la transparence et la responsabilité publiques, ainsi que les risques politiques et juridiques.

De manière générale, les progrès dans la lutte contre les risques de BC/FT restent paralysés dans de nombreux pays du monde, a souligné le rapport pour lequel le risque global moyen de BC/FT reste bloqué à 5,25 sur 10. Une légère diminution des risques liés à la qualité des dispositifs de LBC/FT a été compensée par une augmentation des risques dans les quatre autres domaines mesurés par l’Indice AML de Bâle : corruption, transparence financière, transparence publique et risques politiques/juridiques.

Il a déploré le recul dans la lutte contre l’argent sale, soulignant que « dans la plupart des pays, (les Etats) font un pas en avant et quatre pas en arrière,  restant trop loin derrière les criminels qui cherchent à blanchir des fonds illicites ».

GH