Traite d’êtres humains : le Secrétaire général de l’ONU dénonce « un crime odieux »

M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU. Photo: ONU

Le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, a dénoncé la traite d’êtres humains, la qualifiant  de « crime odieux » qui n’épargne aucune région du monde, dans un message à l’occasion de la journée mondiale contre ce fléau.

Selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, environ 72 % des victimes  recensées sont des femmes et des filles. Le pourcentage d’enfants victimes de trafic humain a aussi plus que doublé, entre 2004 et 2016. Dans la majorité des cas signalés, les victimes sont destinées à l’exploitation sexuelle. De nombreux autres cas de traite, à des fins de travail forcé, de recrutement d’enfants soldats et d’autres formes d’exploitation et d’atteintes ont été recensés.

Mme Nadia Murad, première victime de la traite d’êtres humains à avoir été nommée Ambassadrice de bonne volonté de l’Organisation des Nations Unies, a reçu à juste titre le prix Nobel de la paix 2018 pour avoir mobilisé l’énergie de la communauté internationale en vue de mettre fin à la traite et à la violence sexuelle en temps de conflit.

Pour M.  Guterres, les trafiquants et les groupes terroristes s’en prennent aux personnes vulnérables, notamment à celles en situation de pauvreté, vivant dans un pays en proie à un conflit ou victimes de discrimination.

INDIFFERENCE QUOTIDIENNE

« Les conflits armés, les déplacements, les changements climatiques, les catastrophes naturelles et la pauvreté exacerbent la vulnérabilité et le désespoir qui permettent à la traite de prospérer », a-t-il déploré. Il a rappelé que des milliers de personnes sont mortes en mer, dans le désert et dans des centres de détention, aux mains de trafiquants et de passeurs pratiquant un commerce aussi « abominable qu’impitoyable ».

Il a aussi mis en cause « l’indifférence quotidienne » de la communauté internationale, face à l’exploitation et aux atteintes aux victimes du trafic d’êtres humains. Cette indifférence, a-t-il dit, a « des conséquences dévastatrices » dans les domaines de la construction, de la production alimentaire ou de la fabrication de biens de consommation, d’innombrables entreprises tirent profit de la misère.

Le Secrétaire général de l’ONU s’est néanmoins félicité « des initiatives multilatérales » qui ont permis de faire avancer les choses, notamment avec la Convention des Nations- Unies contre la criminalité transnationale organisée et son Protocole additionnel visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants. La plupart des pays ont adopté les lois nécessaires, et certains d’entre eux, ont prononcé récemment pour la première fois, des condamnations dans des affaires de traite. Il reste encore beaucoup à faire pour traduire en justice les membres des réseaux de trafiquants transnationaux et, par-dessus tout, faire en sorte que les victimes soient recensées et puissent accéder à la protection et aux services dont elles ont besoin, a-t-il fait remarquer.

Ibc

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