5e congrès de FRANCOPOL à Dakar: Entretien avec le Commissaire Jean-Christophe Sauterel

Le Commissaire Jean-Christrophe Sauterel, porte-parole de la police vaudoise, lors du congrès Francopol de Dakar.

Après Montreux en 2015, le Réseau international francophone de formation policière (FRANCOPOL) a tenu son 5e congrès triennal à Dakar, du 17 au 19 octobre 2018. A l’issue des travaux, nous avons rencontré le Commissaire Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale de Vaud pour faire un bilan des assises.

PRÉSENTATION DE FRANCOPOL

FRANCOPOL est une association qui fête ses 10 ans cette année, créée dans le but d’échanger les bonnes pratiques en matière policière, particulièrement dans le domaine de la formation, mais également dans le domaine des solutions qu’on peut trouver face aux problèmes auxquels nous sommes tous confrontés. Cette association a l’avantage d’être indépendante, créée à la base par les canadiens, les français, les suisses et les belges et ouverte maintenant à tous les pays francophones, soutenus par l’Organisation internationale de la Francophonie. C’est donc une association qui joue un rôle essentiel dans l’échange.

PLACE ET RÔLE DE LA SUISSE AU SEIN DE L’ORGANISATION

La Suisse est un des membres fondateurs de l’association, même si l’idée de base vient de nos amis français et canadiens. La Suisse a organisé le dernier congrès avant celui de Dakar, il y a 3 ans à Montreux qui a accueilli 250 délégués venant de tous les pays, et les corps de police membres de FRANCOPOL. Elle est très active dans les comités techniques, dans le comité d’école et dans les instances dirigeantes de FRANCOPOL.

La Suisse est un pays au centre de l’Europe et si elle n’est pas membre de l’Union européenne, elle a signé toute une série d’accords avec ses pays voisins. Pour nous, il est essentiel de pouvoir échanger sur les bonnes pratiques, surtout face aux nouvelles menaces, et en particulier les attentats. La Suisse n’a pas été touchée par les attentats terroristes depuis 50 ans, mais elle a des ressortissants qui sont allés faire le Jihad, d’autres encore qui sont sur le terrain. Nous en avons également qui sont retournés en Suisse. C’est donc une problématique qu’on a aussi à gérer. Nous ne sommes pas à l’abri d’un éventuel attentat. C’est une réalité.

CONTRIBUTION DE LA DÉLÉGATION SUISSE AUX TRAVAUX

Nous avons abordé les différents thèmes sous plusieurs angles. Ce qui est intéressant, c’est de savoir comment faire face à ces nouvelles menaces, soit les tireurs compulsifs qu’on appelle AMOK ou les attentats terroristes, on se rend compte que les différents de corps de police ont tous trouvé des solutions qui sont très proches les unes des autres avec l’importance du primo intervenant, c’est-à- dire des premiers policiers qui arrivent sur les lieux pour gérer une tuerie de masse, avec un objectif qui est de neutraliser le plus rapidement possible le tireur qui va lui chercher à faire le plus de victimes. Puis, on met en place un deuxième niveau d’intervention avec des policiers qui sont dans un  tournus normal, mais mieux équipés et mieux formés avant l’arrivée du troisième niveau des troupes d’intervention spécialisés, tels que le GIGN (NDLR : Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) ou groupes d’intervention. On voit donc que les solutions sont les mêmes dans tous les pays, que ce soit dans les pays africains, européens ou autre. Ces échanges lors du congrès nous ont  conforté dans nos choix, nos tactiques, et dans notre approche de ce phénomène.

Il y a un autre aspect que nous n’avons pas abordé de manière très étendue. C’est celui de la détection de ceux qui se radicalisent et pourraient potentiellement passer à l’acte.

CRISE MIGRATOIRE

L’autre aspect qu’on a traité lors du congrès, c’est toute la problématique de la migration. Sur ce point, nous sommes tous d’accord que l’approche sécuritaire n’est pas une solution à la migration. Les gouvernements et les politiques doivent prendre leurs responsabilités, car on doit trouver une solution pour offrir un espoir de vie, de développement aux potentiels migrants dans leurs pays d’origines, de manière à ce qu’ils puissent développer une activité qui leur permettra de vivre, de faire vivre leurs familles et de rester dans leurs pays dans des conditions décentes.

Propos recueillis par Ibc

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