Drogue : Mme Ruth Dreifuss présente aux africains l’expérience suisse de contrôle de la consommation

Mme Ruth Dreifuss à Dakar, le 11 septembre 2018. (Photo; Abdoulaye Bä)

Dakar, 12 septembre 2018 – L’ancienne Conseillère fédérale de 1993 à 2002, Mme  Ruth Dreifuss, est longuement revenue mardi 11 septembre à Dakar, sur le modèle de lutte et de contrôle de drogue, lors d’une rencontre africaine de haut niveau pour le « lancement de la loi type sur les drogues pour l’Afrique de l’ouest ».

Mme Dreifuss est la présidente de la Commission globale de politique en matière de drogue, basé à Genève. Elle présentait une communication sur l’exemple suisse de réforme de la politique en matière de drogue, devant des membres de gouvernements, des parlementaires, des, représentants de la sociétés, des médecins, des universitaires, de l’Afrique de l’ouest.

« Quelques années avant mon élection au conseil fédéral, en 1993, la question des drogues avait atteint une dimension dramatique » en Suisse, a-t-elle rappelé, ajoutant qu’elle était l’une des trois préoccupations « importantes » du pays. Car, pendant des décennies la consommation « problématique » de substances psycho-actives n’avait intéressé que les consommateurs, leurs familles  et leurs thérapeutes. Ce n’est qu’au milieu des années 80 que le problème a éclaté au grand jour, du fait notamment du nombre élevé d’intoxications mortelles ou de surdoses de drogues, de l’explosion du marché de la drogue, de la transmission du sida par le matériel d’injection ,entre autres.

CRISE SANITAIRE

« La Suisse était donc confrontée à une crise sanitaire d’une exceptionnelle ampleur», a poursuivi Mme Dreifuss, ancienne Cheffe du Département fédéral de l’Intérieur. Elle a évoqué dans ce cadre, le début d’initiatives à la base d’associations et de de groupes de personnes en direction des autorités, pour une solution alternative à la répression policière. Des bénévoles ont offert aux consommateurs de drogues, des services de santé, des lieux pour dormir, de la nourriture. La police a alors reçu l’ordre de ne pas confisquer le matériel d’injection stérile, et les juges ont cessé de retenir sa possession comme preuve d’une conduite délictueuse de la consommation de stupéfiants.

EFFET POSITIF

Plus tard, sur proposition de médecins, le Conseil fédéral a décidé d’expérimenter pendant cinq ans, la prescription médicale d’héroïne pour les traitements de toxicomanes. Elle ne pouvait être délivrée que dans une structure médicale spécialisée.  A la fin de la phase, « des résultats positifs ont été enregistrés », a souligné l’ancienne Conseillère fédérale, citant à ce sujet, de baisse « drastique de la criminalité lié à la drogue, l »amélioration de l’état de santé des toxicomanes, la chute progressive des doses consommées, etc…

Pour Mme Ruth Dreifuss, la dépénalisation de fait, de la consommation de la drogue par la Suisse a eu un « effet positif immédiatement perceptible», du fait que les consommateurs ne craignent plus de s’adresser aux services médicaux et sociaux qu’ils fuyaient par peur d’être sanctionnés. (…) ».

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