Initiative suisse pour l’Eau: Mission d’échanges entre pays d’Asie centrale et de l’Afrique de l’ouest

A l’initiative de la Suisse, une délégation d’officiels du Kazakhstan, du Kirghizstan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Turkménistan, a visité, du 30 avril au 4 mai 2018, l’Organisation de mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), basée au Sénégal. A la fin de cette visite, l’Envoyé spécial de la Suisse pour l’Eau, M. Michel Mordasini, s’est entretenu avec le magazine reflets Suisse-Afrique.

Quelle est la mission de l’Envoyé spécial de la Suisse pour l’Eau que vous êtes, depuis décembre 2017?

Mon mandat est de participer aux efforts et engagements de la Suisse pour promouvoir ce que nous appelons « la Paix Bleue », à savoir une coopération régionale et transfrontalière renforcée dans la gestion des ressources en eau, au service de la paix et la sécurité. Je me concentre avant tout sur l’Asie Centrale, une région du monde qui est déjà confrontée aux risques et défis du changement climatique, d’une forte croissance démographique et d’une forte demande d’eau et d’électricité.
Dans ce contexte, la Suisse a pensé qu’il était utile et important de permettre un partage d’expériences entre les pays du bassin de l’Amu Darya et la Syr Darya, les deux fleuves qui relient les cinq pays d’Asie centrale : le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan, et de voir quelles leçons, quelles expériences du bassin du fleuve Sénégal pourraient être utilement partagées.

Quels sont les gros problèmes et l’impact du changement climatique dont vous évoquiez tout à l’heure, dans le contexte difficile pour l’Eau en Asie centrale ?

La gestion de l’eau en Asie centrale est confrontée à de gros défis, en termes de changement climatique et croissance de la population. En outre, les glaciers fondent très rapidement ; la gestion durable à moyen terme de la ressource en eau est un immense problème. L’approche actuelle pour faire face est essentiellement nationale. Notre message est de dire : il faut aller vers une réflexion plus large et intégrative, qui regarde la dimension régionale, qui favorise  la solidarité entre les pays riverains du fleuve, et qui prenne en compte de manière plus efficace, une gestion intégrée et durable de l’eau.

Pourquoi le choix de l’OMVS pour une mission de ce genre?

L’Organisation de Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) offre une expérience de 40 ans de gestion partagée entre les 4 pays de la région (NDLR : Guinée, Mali, Mauritanie et Sénégal). Il y a un certain nombre de modes de gestion, de pratiques, et de mécanismes qui ont été mis en place et testés. Il s’agit notamment des co-financements d’infrastructures, de la mise sur pied de sociétés de gestion commune d’infrastructures dans le bassin, du partage des coûts et des bénéfices entre les pays riverains. Ces notions ne sont pas encore sur le radar de l’Asie centrale. Pour la Suisse, la mission au Sénégal a été dense, avec de multiples entretiens à Dakar et à Saint-Louis, une visite du barrage de Diama et de la station de pompage de Aftout el Saheli en Mauritanie, station qui fournit 100% de l’eau potable de Nouakchott.

Vous êtes venus et vous avez vu! La délégation d’Asie centrale et vous-mêmes repartez avec quel sentiment?

Comme l’a dit le représentant de la République Kirghize, au nom de toute la délégation d’Asie centrale, ils repartent avec de nouvelles connaissances et expériences, avec des idées et des approches qui vont certainement enrichir leurs propres discussions en Asie centrale sur la façon de réformer, améliorer leurs structures de gestion et de dialogue.
Pour la Suisse, cette visite de travail n’est pas seulement ponctuelle. Au-delà, un processus d’échange et de dialogue va se poursuivre. Je suis très heureux que les pays d’Asie Centrale aient pu enrichir leurs connaissances grâce à l’expérience disponible dans cette partie du monde.

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